L’histoire de la Manufacture du Pixel

Fier membre de la Communauté du Pixel, désireux d’étancher une soif inextinguible de savoir en pénétrant les arcanes secrets de l’histoire du vrai Pixel, votre quête trouve ici son apogée car voici donc, sur cette page issue des archives secrètes des plus vieilles sources du savoir humain, la véritable histoire du Pixel.

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Le commencement : 66 580 995 av. J.-C.

Dans les tréfonds du Crétacé supérieur, une sous-espèce de dinosaure non avien, bipède, plus intelligente que les autres, lance les prémisses d’une protocivilisation. Des premières techniques maîtrisées d’agriculture et d’élevage permettent l’expansion de petites cités à l’architecture pittoresque et surtout, d’une forme d’art abstrait basé sur des petits carrés colorés souples placés dans un support tramé.

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Toute une mythologie avec de fabuleuses histoires sont inventées autour de cet art : Space Invaders, Mario, Pikachu, Batman, Star Wars et bien d’autres encore. Le Pixel Art était né.

Las ! Une grosse météorite s’écrase sur Terre et ravage lors d’un terrible hiver d’impact les prémices de cette civilisation saurienne, qui sera oubliée à jamais.

La renaissance : 12 000 av. J.-C.

atlantisQuelques millions d’années plus tard, une autre civilisation (bien humaine, cette fois), prospère sur une île au large des Colonnes d’Hercule, au milieu de l’Atlantique. La bien nommée Atlantide devient le creuset d’une civilisation de génie, dont la science, la philosophie et l’art rayonne partout.

Un jeune berger découvre dans une grotte inviolée les restes fossilisés d’une vieille manufacture dont les archives, gravées sur des tablettes d’argile, sont restées intactes. Émerveillé par les Sonic, les Stormtroopers, les Zelda et les petits cœurs tout en pixel, il s’attèle immédiatement à la reconstruction de cette forme d’art qui connaît un succès aussi fulgurant qu’immédiat. Les archives sont recopiées sur des parchemins et stockées à la bibliothèque d’Alexandrie.

Las ! Comme si la destinée s’acharnait, un tremblement de terre titanesque détruit à nouveau tous les espoirs de réémergence de l’art pixellique en abaissant soudainement le plancher continental d’une centaine de mètres sous le niveau de la mer, ce qui, les plus érudits l’auront noté, n’est pas très pratique lorsque l’on veut servir à autre chose que de nourriture pour crabes.

Les rares survivants de l’Atlantide essaiment sur les différents continents et contribuent à construire quelques babioles (les pyramides de Gizeh, Teotihuacan), mais surtout à perpétuer l’art du Pixel avec, certes, des moyens plus réduits, mais toujours avec cette volonté farouche de réaliser des petits bonshommes rigolos. Hélas, dans le traumatisme de la perte d’Atlantide, les techniques pixelliques périclitent peu à peu…

L’âge sombre : Rome antique

Mosaïque de volubilis

Sur les cendres du Pixel Art, un art dérivé de moins bonne facture, nommé mosaïque, et composé de carreaux en terre cuite cimentés à l’iconographie ringarde (coupes de fruits, animaux ou autres motifs dignes de rideaux de grands-mères moldaves) s’impose peu à peu dans le paysage des grandes civilisations renaissantes : Étrusque, Grecque, puis Romaine. Un consortium de la mosaïque se crée, devenant chaque jour plus puissant.

Le Proconsul Jules César, grand amateur de Pixel Art après la découverte par son fidèle centurion Lucius Vorenus de manuscrits dans une cache secrète de la grande bibliothèque d’Alexandrie, s’indigne de cette influence mosaïquienne par sa peu fameuse déclaration devant le Sénat « Cessons avec les gars à poil et les fougères et concentrons-nous enfin à la réalisation de princesse Peach ou de symbole Daredevil dignes de ce nom ».

Trois semaines plus tard, sa mort est camouflée en de vagues motifs politiques.  Ses dernières paroles, adressées à Brutus « Je te hais, toi et ta mosaïque de merde », sont maquillées pour la postérité.

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Le consortium de la mosaïque incendie la grande bibliothèque d’Alexandrie, espérant ainsi détruire définitivement l’héritage du Pixel Art, mais celui-ci est sauvé par une mystérieuse confrérie des Assassins qui cache les manuscrits à la face du monde…

La rerenaissance : 1858

Ferdinand Pique Sel2Issu d’une grande famille manufacturière, archéologue, aventurier, entrepreneur et érudit, Ferdinand de Pique Sel découvre au hasard de ses pérégrinations en Italie, dans les catacombes de Venise, un manuscrit contant l’existence des archives secrètes.

Après bien des aventures qui pourraient faire l’objet d’une vaste épopée de cinq tomes au prix de 29,99 € chacun et qui l’emmènent aux quatre coins de monde, il défait les forces obscures de la conspiration de la mosaïque et déjoue les pièges de la guilde des Assassins. Il découvre les archives secrètes enterrées au milieu du désert jordanien et est initié aux méfaits du consortium de la mosaïque pour empêcher la réémergence du vrai Pixel : la chute de l’Empire romain, la guerre de Cent Ans, la peste noire, le massacre de la Saint-Barthélemy, l’asservissement des populations indigènes du Nouveau Monde, le grand incendie de Londres, c’était eux…

Il fonde sa Manufacture en l’an 1858 avec un seul objectif : lutter contre l’oppression et faire renaître ce noble art des cendres qu’il renomme d’après son patronyme, le Pique Sel.

Le succès est immédiat. Le monde se passionne des fresques de Superman, de Pac-Man, de Deadpool ou de Yoda. Affaiblie, la dictature de la Mosaïque se retranche dans l’ombre…

 

La mosaïque contre-attaque : 1900

titanicLes temps sont durs. Le consortium, de par son infiltration dans les hautes sphères du pouvoir, donne du fil à retordre à Ferdinand, qui vit de multiples et diverses aventures afin de faire triompher le bien (et qui pourraient faire l’objet d’une série Netflix en 8 saisons avec de l’action, du rebondissement et des gros plans sur fesses charnues).

Le décès de Ferdinand en 1912 à bord du Titanic, coulé par une bombe artisanale du consortium (et certainement pas à cause d’un iceberg) propulse son jeune fils de vingt ans, Aristide au poste de directeur.

usine-manufacture-du-pixelLas ! Le consortium
façonne un nouvel instrument aussi odieux que diabolique afin d’accomplir son vil destin : la guerre. La première ravage l’usine, mais n’arrive pas à étouffer la flamme qui embrase le cœur des braves contremaîtres de la manufacture. La production reprend de plus belle dès 1915.

La Seconde Guerre Mondiale, dont le parti nazi, noyauté par le Consortium, n’aura d’objectif que d’annihiler le Pique Sel, lance toutes ses forces démoniaques dans la bataille. L’usine est détruite, les propriétaires de tapis tramés et de carrés pixels sont traqués dans l’Europe entière. Les icônes de Pikachu, de Star Trek ou de petits bonshommes rigolos sont détruits et interdits. Ils disparaissent aussitôt de l’imaginaire collectif.

hitlerLéopold, fils d’Aristide et petit-fils de Ferdinand, se décide à en finir une bonne fois pour toutes.  S’ensuivent d’autres aventures qui pourraient être contées dans une série de huit films au cinéma avec un final explosif durant lequel les forces obscures de la Mosaïque (et les nazis) sont anéanties et un rebondissement inattendu : les services secrets américains, aidés par un jeune archéologue affublé d’un chapeau Fédora, s’approprient les archives secrètes de Ferdinand (en même temps que d’autres babioles, comme l’arche d’Alliance), au grand dam de Léopold.

Le Pique Sel est américanisé en « Pixel », et les archives se distillent durant les cinquante prochaines années : les super-héros, la science-fiction, les héros de jeux vidéo, tous ces personnages inventés il y a des millions d’années sont redécouverts par une population traumatisée par la guerre et se démultiplient sur tous les supports (comics, bande-dessinée, film, industrie du jeu vidéo naissante) en abandonnant l’âme même du Pixel : le support tramé et les petits carrés souples.

Léopold reconstruit son usine et poursuit son œuvre de promotion et de valorisation du Pixel, mais lutte difficilement contre le rouleau compresseur yankee qui dépose brevet sur copyright à partir des archives secrètes. La Manufacture périclite et certaines unités de production sont abandonnées à partir de 1978.

 

Vers le futur : 2016

Tel le Enjoy Phoenix renaissant de ses cendres, le glorieux descendant de la famille Pique Sel, Stéphane, reprend le flambeau de l’usine en 2016 et projette une vision futuriste et novatrice du Pixel. Il réhabilite le tapis tramé et les carrés souples.

La production est modernisée grâce aux dernières innovations technologiques (tubes électroniques, minitels dernière génération, bobines de Tesla, etc.) et robotisée.

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Le public répond présent et le véritable Pixel revient sur le devant de la scène. La Manufacture s’agrandit.
L’avenir apparaît radieux. Mais le consortium de la Mosaïque est-il toujours hors d’état de nuire ?

Stéphane Pique Sel, notre charismatique directeur
Stéphane Pique Sel, notre charismatique directeur